
Le 27 septembre 2026 marquera un tournant dans la lutte contre le greenwashing en Europe. Avec la directive européenne (UE) 2024/825, dite Empowering Consumers for the Green Transition (EMPCO), l’Union européenne durcit fortement les règles applicables aux allégations environnementales, aux labels de durabilité et aux visuels utilisés sur les produits, les packagings et les supports marketing. L’objectif est clair : faire en sorte que la durabilité ne relève plus d’une promesse marketing, mais d’une réalité démontrable. Dans cet article, nous verrons ce que la directive greenwashing Europe change dès 2026, quelles pratiques seront interdites et pourquoi ce texte constitue un tournant majeur pour les marques, les distributeurs et les labels.
Directive EMPCO (UE 2024/825) : un changement réglementaire majeur pour les entreprises
La directive EMPCO constitue une étape majeure, mais elle ne clôt pas à elle seule le chantier européen sur les allégations environnementales. Elle s’inscrit dans un cadre plus large, qui comprend aussi la proposition de Green Claims Directive, destinée à encadrer plus précisément la justification et la communication des allégations environnementales explicites.
Empowering Consumers ne modifie pas seulement le cadre théorique de la communication environnementale en Europe. Elle impose aux entreprises un nouveau niveau d’exigence, avec un calendrier précis et des conséquences très concrètes sur les packagings, les supports marketing, les noms de produits et, plus largement, sur toutes les allégations environnementales adressées aux consommateurs. Pour les marques, les distributeurs et les fabricants, l’enjeu n’est donc pas seulement juridique : il devient immédiatement opérationnel.
À partir de quand la directive EMPCO s’appliquera-t-elle ?
Le calendrier fixé par la directive est structurant et laisse peu de place à l’improvisation. Le 27 mars 2026 correspond à la date limite de transposition dans les droits nationaux. En France, cela impliquera notamment une adaptation du Code de la consommation afin d’intégrer les nouvelles exigences européennes en matière de protection du consommateur et de communication environnementale.
Le 27 septembre 2026 marque, quant à lui, l’entrée en application du texte. À partir de cette date, les contrôles et les sanctions pourront devenir effectifs. C’est un point essentiel, souvent mal compris : il n’existe pas de période de tolérance générale pour les pratiques déjà en place. En d’autres termes, les packagings actuels, les supports marketing existants et certains noms de produits ou de gammes devront être conformes dès l’entrée en vigueur du dispositif.
Pour les entreprises, ce calendrier impose donc d’anticiper. Toute communication environnementale floue, insuffisamment justifiée ou reposant sur des signes implicites devra être réévaluée avant septembre 2026.
Pourquoi l’Europe durcit la lutte contre le greenwashing
Le durcissement réglementaire répond à un constat simple : le marché est saturé de signaux environnementaux, mais une partie importante de ces messages reste peu fiable. Aujourd’hui, les consommateurs sont confrontés à une multiplication de labels, à des promesses environnementales difficilement comparables et à des allégations souvent invérifiables. Le résultat est une confusion généralisée, qui fragilise à la fois l’information du public et le bon fonctionnement du marché. Cette situation pose un double problème.
Un problème de protection du consommateur
Le consommateur ne parvient plus à distinguer une performance environnementale réelle d’un simple argument marketing. Lorsque les messages sont flous, non comparables ou insuffisamment justifiés, la promesse écologique peut influencer la décision d’achat sans reposer sur des preuves solides.
La directive EMPCO vise précisément à réduire cette confusion en imposant un cadre plus strict aux allégations environnementales.
Un problème de concurrence loyale
Les entreprises réellement engagées sont également pénalisées. Elles doivent investir dans la qualité des produits, structurer des preuves, financer des audits ou supporter des coûts de certification, pendant que d’autres continuent de valoriser leurs offres à l’aide d’allégations floues, sans contrainte équivalente ni véritable vérification.
En durcissant la lutte contre le greenwashing, l’Union européenne cherche donc aussi à rééquilibrer les conditions de concurrence entre les acteurs du marché.
Avec EMPCO, certaines pratiques deviennent interdites par principe
C’est l’un des changements les plus structurants introduits par la directive EMPCO.
Jusqu’à présent, une pratique commerciale trompeuse devait souvent être appréciée au cas par cas, en fonction du contexte, de la formulation du message et de son effet sur le consommateur. Cette analyse laissait subsister une zone grise autour de certaines communications environnementales.
Avec EMPCO, cette zone grise se réduit nettement. Certaines pratiques entrent désormais dans une catégorie plus stricte : celle des pratiques trompeuses en toutes circonstances. Autrement dit, elles deviennent interdites par principe, sans qu’il soit nécessaire de débattre longuement de l’intention de l’entreprise ou de l’interprétation du message.
C’est un basculement important. Il facilite l’action des autorités de contrôle et élève fortement le niveau d’exigence pour les entreprises. Une communication environnementale ne pourra plus reposer sur l’ambiguïté ou sur des usages marketing devenus habituels.
L’exemple le plus clair concerne les label de durabilité sans certification indépendante. Désormais, afficher un tel label entre directement dans le viseur du nouveau cadre européen. Peu importe sa notoriété, son ancienneté ou sa qualité perçue : sans système de certification crédible ou base publique identifiable, il devient juridiquement vulnérable.
Ce point résume bien la logique du texte : en matière d’allégations environnementales, la crédibilité perçue ne suffit plus. Ce qui compte désormais, c’est la preuve.
À retenir
- La directive EMPCO fait de la communication environnementale un véritable sujet de conformité juridique
- Le 27 septembre 2026 marque le début de son application
- Certaines pratiques seront désormais interdites par principe
- Une allégation non prouvée devient un risque réglementaire immédiat
Greenwashing implicite : ce que vous ne pourrez plus montrer
C’est sur ce point que la directive EMPCO va particulièrement loin. Jusqu’à présent, le greenwashing était surtout associé aux mots : slogans, promesses, allégations écrites. Désormais, une communication peut être jugée trompeuse même sans mention environnementale explicite, dès lors que sa présentation suggère un bénéfice écologique. Autrement dit, ce que l’on montre peut être jugé au même titre que ce que l’on dit.
Quand un visuel devient-il une allégation environnementale ?
La directive invite à regarder au-delà des formulations écrites. Certains éléments visuels peuvent suffire à suggérer qu’un produit présente un impact environnemental positif ou qu’il serait plus respectueux de l’environnement qu’un autre. C’est le cas, par exemple, d’une feuille, d’une goutte d’eau, d’un arbre, de fleurs, d’animaux sauvages ou encore de la planète.
Pris isolément, ces éléments peuvent sembler anodins. Mais sur un packaging, une fiche produit ou une publicité, ils construisent une perception. Si le consommateur moyen est conduit à comprendre qu’un produit présente une qualité environnementale particulière, ce signal doit pouvoir être justifié.
Le visuel n’est donc plus seulement un choix graphique. Il peut être analysé comme une allégation environnementale implicite. Et si l’impression écologique qu’il crée ne repose pas sur une preuve solide et vérifiable, la présentation du produit peut être qualifiée de trompeuse.
Pourquoi le packaging et le branding deviennent-ils des sujets de conformité ?
Avec EMPCO, le packaging et le branding ne relèvent plus seulement de l’identité de marque. Ils entrent dans le champ de la conformité. Ce n’est plus uniquement le texte figurant sur un produit qui doit être examiné, mais aussi l’ensemble de son univers visuel : couleurs, symboles, nom de gamme, ambiance graphique ou vocabulaire suggéré.
Un packaging très vert, un nom intégrant des termes comme « nature », « green » ou « eco », ou un univers visuel inspiré du végétal peuvent contribuer à créer une promesse environnementale implicite. Pris séparément, ces éléments ne sont pas nécessairement problématiques. Mais leur combinaison peut produire un effet d’ensemble qui suggère au consommateur qu’il achète un produit plus durable ou plus responsable.
C’est pourquoi le packaging devient un point critique de conformité. Une marque ne pourra plus se retrancher derrière l’absence de promesse explicite si l’ensemble de sa présentation véhicule, dans les faits, un message environnemental.
Cas concrets : Quand le packaging peut être analysé comme trompeur
Le risque ne tient pas toujours à un élément isolé, mais à l’effet d’ensemble produit par le packaging. C’est ce caractère cumulatif qui rend certaines présentations particulièrement sensibles au regard de la directive EMPCO.
Premier cas fréquent : l’association d’un symbole végétal et d’une mention vague, comme une feuille verte accompagnée du mot « naturel » ou d’une formule du type « inspiré de la nature ». Pour le consommateur, cette combinaison peut suggérer un bénéfice environnemental, alors même qu’aucune preuve concrète ne vient l’étayer.
Autre cas sensible : les noms de marque ou de gamme intégrant des termes comme « Green », « Eco » ou « Nature ». Même sans slogan explicite, le nom peut fonctionner comme une promesse implicite permanente et laisser entendre qu’un produit serait plus respectueux de l’environnement qu’un autre.
Enfin, un univers visuel globalement “éco-friendly” peut lui aussi devenir problématique : dominance du vert, illustrations végétales, ambiance graphique “pure” ou “clean”, absence de preuve concrète. Pris séparément, ces éléments ne sont pas nécessairement interdits. Mais leur combinaison peut suffire à créer une allégation environnementale implicite.
Le bon réflexe consiste donc à se poser une question simple : un consommateur peut-il comprendre, en regardant ce packaging, que le produit est écologique ou plus durable ? Si la réponse est oui, encore faut-il pouvoir le démontrer de manière solide, vérifiable et auditée.
Quelles conséquences pour les entreprises en cas de non-conformité ?
Les conséquences peuvent dépasser largement le seul sujet d’image. Si un produit est présenté à travers des signaux environnementaux jugés trompeurs, le risque devient aussi commercial, opérationnel et réglementaire.
En pratique, une non-conformité peut conduire à une suspension de commercialisation, à un retrait du marché ou à l’impossibilité d’écouler certains stocks, même lorsque le produit est techniquement conforme. Le problème peut donc venir non du produit lui-même, mais de la manière dont il est présenté.
En France, la DGCCRF jouera un rôle central. Les contrôles ne porteront plus seulement sur les promesses écrites, mais aussi sur les visuels, les packagings, les noms de produits et tous les signaux susceptibles de créer une impression écologique injustifiée.
À cela s’ajoute un risque réputationnel fort. Une accusation de greenwashing peut fragiliser la confiance, exposer la marque médiatiquement et tendre les relations avec les distributeurs. Avec la directive EMPCO, ce risque devient plus facile à fonder juridiquement. Pour les entreprises, la question n’est donc plus seulement de valoriser un engagement, mais de pouvoir démontrer tout ce que leur communication laisse entendre.
Allégations environnementales interdites : ce que vous ne pourrez plus dire
Avec la directive EMPCO, la question n’est plus seulement de savoir comment mieux communiquer, mais ce qu’il est encore possible d’affirmer. Le changement est net : les allégations environnementales trop vagues, trop larges ou insuffisamment fondées entrent directement dans le viseur. Cette section concerne donc avant tout le langage utilisé : les mots, les promesses et les formulations marketing qui suggèrent un bénéfice écologique sans l’expliquer clairement.
Pourquoi les mentions environnementales trop génériques deviennent-elles problématiques ?
C’est l’une des cibles les plus évidentes de la directive. Des mentions comme « écologique », « respectueux de l’environnement », « bon pour la planète », « 100 % vert » ou encore « neutre en carbone » peuvent sembler valorisantes, mais elles posent un problème de fond : elles ne disent pas précisément ce que le produit améliore, ni comment, ni dans quelle mesure.
Or c’est précisément ce flou que la directive cherche à faire disparaître. Une allégation environnementale ne peut plus reposer sur une impression positive ou sur une formule englobante. Elle doit renvoyer à une réalité identifiable, compréhensible et vérifiable. À défaut, elle devient trompeuse, non pas forcément parce qu’elle est totalement fausse, mais parce qu’elle est trop imprécise pour permettre une information loyale du consommateur.
En pratique, cela signifie que de nombreuses formulations très courantes devront être supprimées, remplacées ou fortement précisées, sauf lorsqu’elles peuvent être appuyées par une démonstration particulièrement solide d’une excellente performance environnementale. Le problème n’est donc pas seulement le ton employé, mais l’absence de contenu démontrable derrière la formule.
Quelles promesses environnementales deviennent particulièrement risquées ?
Au-delà des mentions génériques, la directive vise aussi les promesses environnementales qui affichent un bénéfice sans reposer sur une preuve claire. C’est notamment le cas des engagements climatiques, des promesses de réduction d’impact ou des formulations qui valorisent un produit comme plus durable, plus propre ou moins polluant sans en expliciter les critères.
Des expressions comme « réduit notre empreinte carbone », « impact environnemental réduit » ou même « produit durable » deviennent particulièrement sensibles lorsqu’elles ne s’appuient pas sur une méthodologie identifiable, des données solides ou un périmètre clairement défini. Le risque ne tient pas seulement au mot employé, mais à ce qu’il laisse entendre au consommateur.
Désormais, une promesse environnementale devra être spécifique dans son objet, fondée dans sa démonstration et vérifiable dans ses preuves. Il ne suffira plus d’afficher une ambition ou une direction. Il faudra être capable d’expliquer précisément ce qui est amélioré, sur quelle base, et selon quels critères. En d’autres termes, on ne pourra plus valoriser largement ce que l’on n’est pas en mesure d’étayer rigoureusement.
À retenir
- Les allégations environnementales vagues deviennent beaucoup plus risquées
- Les formulations générales ne suffisent plus à informer correctement le consommateur
- Les promesses environnementales devront être précises, fondées et vérifiables
- Le langage marketing devra s’aligner sur des preuves réelles
Pourquoi les labels auto-déclarés vont disparaître
La directive EMPCO ne s’attaque pas seulement aux mots et aux visuels. Elle vise aussi un pilier entier du marketing environnemental : les labels de durabilité non vérifiés. Ce changement est majeur, car le marché s’est progressivement rempli de signes de confiance qui ressemblent à des certifications, sans toujours reposer sur un système de preuve robuste. Avec EMPCO, cette zone grise se referme. Tous les labels ne pourront plus coexister sur le même plan : un tri beaucoup plus net va s’opérer entre les dispositifs crédibles et les labels purement promotionnels.
Pourquoi les labels « marketing » posent-ils un problème de confiance ?
Depuis plusieurs années, les labels se sont multipliés sur les produits, les packagings et les supports de communication. On trouve des labels créés par des marques, des distributeurs ou des filières, parfois sans méthodologie claire, sans audit indépendant et sans véritable transparence sur les critères retenus.
Le problème n’est pas seulement leur nombre. C’est le fait qu’ils produisent, pour le consommateur, une impression de garantie. Ils ressemblent à des certifications, utilisent les codes de la preuve et de l’expertise, mais ne reposent pas toujours sur des contrôles indépendants ni sur un référentiel suffisamment structuré. Dans les faits, ils deviennent difficiles à distinguer des labels réellement exigeants.
Cette confusion fragilise la confiance. Elle brouille la lecture du marché pour le consommateur, mais elle pénalise aussi les acteurs qui investissent réellement dans des démarches sérieuses, auditables et transparentes. En ce sens, les labels « marketing » ne posent pas seulement un problème d’information : ils posent aussi un problème de concurrence loyale.
Quelle règle impose désormais la directive EMPCO ?
La directive introduit une règle simple dans son principe : un label de durabilité ne peut plus être affiché s’il ne repose pas sur un système de certification ou s’il n’a pas été établi par une autorité publique. Autrement dit, un signe de confiance ne vaut plus par son apparence ou par son ancienneté sur le marché, mais par le dispositif qui le soutient.
Pour être perçu comme crédible dans ce nouveau cadre, un label doit donc s’appuyer sur une logique claire de preuve : une tierce partie indépendante, un référentiel structuré, des critères transparents et des contrôles réguliers. Ce n’est pas le design du label qui compte, mais la solidité du système d’évaluation qui le rend possible.
Sont directement fragilisés par cette évolution les labels auto-déclarés, les labels « maison », les pseudo-labels marketing et, plus largement, tous les badges environnementaux qui ne reposent ni sur une certification indépendante ni sur une base publique identifiable.
Pourquoi cette nouvelle règle va-t-elle assainir le marché des labels ?
Cette exigence va produire un effet de tri. Une partie des labels opportunistes, créés pour valoriser rapidement une gamme ou renforcer un positionnement marketing, va perdre sa place. À l’inverse, les labels audités, structurés et transparents vont mécaniquement gagner en lisibilité et en valeur.
Le résultat attendu est assez clair : moins de labels, mais plus de crédibilité. Pour les consommateurs, cela peut rendre l’information plus lisible. Pour les distributeurs, cela crée un nouveau critère de sélection. Pour les marques, cela modifie la stratégie de valorisation environnementale : il ne suffira plus d’afficher un signe rassurant, il faudra s’appuyer sur un référentiel réellement défendable.
Cette évolution change donc la hiérarchie de la confiance sur le marché. Les entreprises qui continueront à communiquer sans preuve prendront un risque croissant. Celles qui s’appuient sur des dispositifs solides, indépendants et auditables disposeront au contraire d’un avantage concurrentiel plus durable.
À retenir
- Les labels de durabilité non vérifiés entrent directement dans le viseur de la directive
- Un label ne pourra plus reposer sur une simple auto-déclaration
- La certification indépendante devient un critère central de crédibilité
- Le marché des labels devrait devenir plus lisible, plus sélectif et plus exigeant
Comment se mettre en conformité avec la directive EMPCO ?
Face à la directive EMPCO, il ne s’agit pas simplement d’ajuster quelques messages marketing. Pour beaucoup d’entreprises, l’enjeu est plus profond : il faut revoir la manière de formuler, de justifier et parfois même de concevoir ce qui est présenté comme durable. Les acteurs qui s’en sortiront le mieux ne seront pas nécessairement ceux qui communiquent le plus, mais ceux qui auront structuré leurs preuves en amont et intégré la conformité dans leur méthode de travail.
Par où commencer pour auditer ses communications ?
La première étape consiste à auditer l’ensemble des supports comme le ferait une autorité de contrôle. Cela implique de ne pas se limiter aux slogans ou aux descriptions produits. Il faut examiner les packagings, les sites web, les fiches produits, les publicités, les réseaux sociaux, mais aussi les noms de produits ou de gammes.
L’erreur la plus fréquente consiste à ne regarder que les textes. Or, avec EMPCO, l’analyse doit aussi porter sur les visuels, les couleurs, les symboles et plus largement sur l’effet d’ensemble produit par le design. L’objectif est simple : repérer toutes les allégations environnementales, qu’elles soient explicites ou implicites.
Comment identifier les allégations à risque ?
Une fois l’audit réalisé, il faut cartographier les risques. Pour chaque message, chaque visuel ou chaque élément de présentation, l’entreprise doit se poser quelques questions simples : crée-t-il une perception environnementale ? Cette perception est-elle explicite ou implicite ? Et surtout, peut-elle être justifiée de manière solide ?
Cette étape permet de distinguer ce qui est conforme, ce qui doit être reformulé et ce qui doit être supprimé. C’est aussi un moyen d’éviter une approche trop intuitive de la conformité. Sans méthode claire, le risque est de corriger certains messages évidents tout en laissant subsister des signaux plus discrets, mais tout aussi problématiques.
Pourquoi la preuve devient-elle le nouveau filtre de communication ?
La règle de fond devient beaucoup plus stricte : pas de preuve, pas de message. Une justification acceptable doit être robuste, pertinente par rapport au produit, vérifiable et suffisamment transparente pour pouvoir être présentée en cas de contrôle.
Ce qui ne suffit plus est désormais bien connu : une intention, un engagement général, une déclaration interne ou un simple argument marketing ne permettent pas, à eux seuls, de sécuriser une allégation environnementale. En pratique, chaque message doit passer par un filtre simple : s’il est prouvable, il peut être conservé ; s’il ne l’est pas, il doit être supprimé ou profondément retravaillé.
Pourquoi intégrer la conformité dès la conception produit ?
C’est souvent à ce stade que se crée le véritable avantage concurrentiel. Les entreprises les plus avancées ne se contentent pas de corriger leurs supports de communication a posteriori. Elles intègrent la contrainte réglementaire dès l’amont, dans la conception du produit, le choix des matériaux, la durabilité, la réparabilité ou encore la qualité des preuves qu’elles seront capables de mobiliser ensuite.
Cette logique est déterminante, car il est toujours plus facile de démontrer la réalité d’un produit réellement durable que d’essayer de justifier, après coup, un discours marketing trop ambitieux. Autrement dit, la conformité ne se joue pas seulement dans le service communication : elle se construit aussi dans les choix industriels, techniques et produits.
À retenir :
- L’audit doit couvrir l’ensemble de l’écosystème de communication
- Les visuels, les noms et le design comptent autant que les mots
- Chaque allégation doit être évaluée à l’aune de la preuve
- La conformité est plus solide lorsqu’elle est pensée dès la conception du produit
Checklist EMPCO
Avant toute communication environnementale, posez-vous les questions suivantes :
- Cette allégation est-elle précise ?
- Est-elle compréhensible par un consommateur moyen ?
- Est-elle prouvée par des données solides ?
- Peut-elle être auditée ?
- Résiste-t-elle à une analyse DGCCRF ?
LONGTIME® : un label déjà conforme à la directive européenne
Dans le nouveau cadre imposé par la directive EMPCO, tous les labels ne seront pas égaux face à la réglementation. Certains vont disparaître, d’autres seront fragilisés, et une minorité va s’imposer comme référence. Le label LONGTIME® fait partie de ces acteurs déjà conformes aux exigences européennes. Et ce, non pas par adaptation récente, mais par construction.
Une certification tierce partie indépendante
C’est le critère central de la directive EMPCO. Un label de durabilité ne peut être crédible que s’il repose sur une certification indépendante. LONGTIME® répond pleinement à cette exigence : les audits sont réalisés par des organismes reconnus, les évaluations sont indépendantes et le dispositif ne repose pas sur une auto-déclaration.
Les organismes partenaires, comme Apave, le LNE ou TÜV Austria, apportent à la démarche un niveau de contrôle et de fiabilité qui correspond précisément à l’évolution du cadre européen. Là où de nombreux labels devront se transformer ou disparaître, LONGTIME® est déjà conforme.
Des critères robustes, transparents et audités
La directive ne se contente pas d’exiger une certification. Elle impose aussi de la transparence, de la robustesse et de la vérifiabilité. C’est précisément sur ce terrain que LONGTIME® se distingue.
Le label repose sur un référentiel structuré et exigeant, des critères publics, des contrôles réguliers et une traçabilité des évaluations. On ne parle donc pas d’un simple signe marketing, mais d’un véritable système de preuve.
Une preuve tangible : la durabilité et la réparabilité
LONGTIME® ne repose pas sur une promesse environnementale globale ou floue. Il s’appuie sur des critères objectivables directement liés au produit : fiabilité, robustesse, réparabilité, disponibilité des pièces détachées.
Ces critères ont une force particulière dans le cadre d’EMPCO, car ils sont auditables, compréhensibles et reliés à l’usage réel du produit. C’est cette logique de preuve qui rend le label particulièrement solide face au durcissement réglementaire.
Une avance réglementaire de plus de 7 ans
C’est un point stratégique. LONGTIME® n’a pas été conçu pour répondre à une contrainte réglementaire récente. Il a été pensé bien avant que le marché ne soit forcé de se structurer à ce niveau d’exigence.
Aujourd’hui, certaines marques doivent revoir en urgence leurs pratiques, tandis que certains labels doivent repenser leur légitimité. LONGTIME®, lui, est déjà en position de conformité. Cela permet de sécuriser la communication, de réduire le risque réglementaire, de renforcer la crédibilité du discours et de se différencier durablement.
À retenir
- LONGTIME® répond déjà aux exigences d’EMPCO
- Sa certification tierce partie constitue un point de conformité central
- Son positionnement repose sur des critères robustes et auditables
- Sa logique de preuve produit lui donne une avance stratégique sur le marché
FAQ – Directive greenwashing Europe (EMPCO)
Qu’est-ce que la directive EMPCO ?
La directive (UE) 2024/825, dite EMPCO (Empowering Consumers for the Green Transition), vise à mieux encadrer les allégations environnementales et à lutter contre le greenwashing en Europe. Elle durcit les règles applicables aux messages, aux labels et aux visuels utilisés pour valoriser un produit ou une marque.
Quand la directive EMPCO entre-t-elle en vigueur ?
Deux dates sont à retenir : le 27 mars 2026 pour la transposition dans les droits nationaux, puis le 27 septembre 2026 pour l’application effective. À partir de cette date, les pratiques non conformes pourront être contrôlées et sanctionnées.
Quelles allégations environnementales sont interdites ?
Sont particulièrement visées les allégations environnementales vagues, les promesses non prouvées et les labels de durabilité non fondés sur un système de certification ou non établis par une autorité publique. Une formule comme « écologique » ou « bon pour la planète » devient risquée si elle n’est pas précise, fondée et vérifiable.
Les visuels écologiques sont-ils concernés ?
Oui. Un visuel, une couleur, un symbole ou un design peuvent être analysés comme une allégation environnementale implicite s’ils suggèrent un bénéfice écologique sans preuve suffisante. Ce n’est donc pas seulement ce que l’entreprise dit qui compte, mais aussi ce qu’elle montre.
Un label auto-déclaré est-il encore autorisé ?
Non, s’il se présente comme un label de durabilité sans reposer sur un système de certification reconnu ou sans avoir été établi par une autorité publique. C’est précisément l’un des points sur lesquels la directive durcit le cadre.
Quelles sanctions en cas de non-conformité ?
Les conséquences peuvent être juridiques, commerciales et réputationnelles. Selon les cas, une pratique trompeuse peut conduire à des mesures correctives, à des sanctions prévues par le droit national, à un retrait du marché ou à une interdiction de commercialisation.
Comment prouver une allégation environnementale ?
Une allégation doit reposer sur des données mesurables, une méthodologie claire et des preuves vérifiables. Plus elle est précise, documentée et auditée, plus elle est défendable. Dans certains cas, une certification indépendante renforce fortement sa crédibilité.
Peut-on utiliser le mot « écologique » sur un produit ?
Le terme n’est pas interdit en soi, mais son usage devient très fortement encadré. Il s’agit d’une allégation environnementale générique. Sans justification claire, précise et vérifiable, ce type de mention peut être considéré comme trompeur.
Les couleurs vertes sont-elles interdites ?
Non. En revanche, elles peuvent devenir problématiques si elles contribuent, avec d’autres éléments, à faire croire qu’un produit présente un bénéfice environnemental non démontré. Ce n’est pas la couleur seule qui est jugée, mais l’impression d’ensemble.
Qu’est-ce qu’une allégation environnementale implicite ?
C’est un message qui suggère un bénéfice environnemental sans l’énoncer explicitement. Elle peut reposer sur un visuel, une couleur, un nom de produit, un packaging ou une ambiance graphique. Ce qui compte, c’est la manière dont le consommateur moyen peut interpréter l’ensemble.
